samedi 1 juin 2013

4.

Des mois depuis que nous nous étions vus. Depuis, un autre était arrivé. Un régulier. Un avec qui il n'est nul besoin de se cacher ou de se montrer prudent. Un officiel quoi. Un à qui je tiens la main dans la rue quand nous marchons côte à côte.

C'est bien aussi un « amoureux » avec qui sortir sans craindre d'être surpris par une épouse, avec qui partager des petits rien, faire des grasses matinées et avec qui baiser, faire l'amour, s'envoyer en l'air, jouer. Bien. Souvent. Quand l'envie se manifeste. C'est bien un « amoureux » avec qui être vraiment compatible. Cela permet des soirées excitantes, des nuits torrides, des petits matins tendres, des quickies explosifs, des siestes câlines, des mains qui s’effleurent et des sourires prometteurs. Cela permet de prendre son temps et de ne jamais regarder sa montre.

Et puis, il y a eu ton mail : « je me demande ce que tu deviens ». 

Tu veux qu'on glisse dans le registre de l'amitié ? Soit. De loin en loin, un déjeuner. Nos échanges de mails reprennent. Jamais équivoques. Toujours francs et authentiques. Je ne te cacherai pas que les images sont revenues me visiter certains soirs en solitaire. Puis, il y en a eu certains soirs alors qu'il était en train de me lécher. Contrairement à toi, pour ça, c'est un impatient à la langue pointue et rapide. Contrairement à toi, s'il sait que j'aime les longues dégustations langoureuses de mon sexe affamé, il n'y prend qu'un plaisir relatif. Il aime la pénétrations, les pénétrations et il est plutôt bon. Alors, même s'il s'efforce de s'appliquer, il n'est pas très doué, pour ça, le cuni, ma gourmandise.

A vous deux, vous êtes ce dont j'ai besoin... 
Mais je m'égare! J'en ai un à qui je tiens. Et puis nous sommes amis, n'est-ce pas ?
Ce jour-là, j'avais passé une journée de dingue. C'est défraîchie et au naturel que je suis arrivée dans ce bar où tu m'avais proposé de prendre un verre. Pas de déjeuner cette fois-ci. Inhabituel de ta part.
J'ai fini par me faire une raison : je ne suis plus disponible et tu n'assumais pas notre liaison. Amis donc. Sauf que la discussion prend un tour irréel. Une fugue verbale à peine perceptible. Et c'est toi qui provoque, qui taquine, qui cherche. Je regarde ta bouche me parler et c'est comme si je la sentais sur moi. Je nous revois sur ce lit arrimés bouche-sexe. La crispation du désir est instantanée... Mon corps se souvient.

D'un air détaché tu m'expliques que tu es solo pour un week-end dans dix jours. Ça me dirait un dîner ? C'est un week-end que je dois passer avec mon « amoureux » et pourtant je te dis que ça devrait pouvoir se faire.
Tu me raccompagnes au métro et ta bouche est à quelques millimètres de mes lèvres lorsque tu me fais la bise. On prolonge la conversation. On a du mal à se quitter.

Dans dix jours, je sais que notre dîner se terminera dans une chambre d'hôtel. Tu n'as rien dit, je n'ai rien suggéré mais c'est une évidence. Dans dix jours, je vais enfin sentir à nouveau tes mains sur moi et ta bouche, oh oui ta bouche... Dans dix jours, je vais charnellement le tromper avec toi. Ce soir, j'ai commencé à le tromper sans être encore passée à l'acte.

Je vous veux chacun. Je ne veux pas choisir. Je veux tout.

Ma vie va, je crois, devenir compliquée... 
 

7 commentaires:

  1. L'idéal serait il d'avoir deux amants ?
    Encore faudrait il pour voir le faire, pouvoir le gérer mais surement une solution à bien de déboires et pour des plaisirs multiples

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    1. Je ne sais pas si c'est l'idéal... Je sais que c'est une bombe à retardement mais je me sens incapable de résister. Plus envie de me brider, je l'ai trop fait.

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    2. Tu n'as qu'une vie, fais y des étincelles !!!

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  2. Quel article surprenant, que de risque à venir qui égaye ma curiosité.

    Vous voilà avec un fervant lecteur :-).

    Beau dimanche à toi !

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    1. Eh bien, cher lecteur, j'espère que les mots qui viendront par la suite ne vous décevront pas...

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  3. Et pourquoi ne pas le vivre au grès du courant, simplement, honnêtement, librement et sans réserve.... Carpe diem Madame!

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    1. En effet, Cher Valet, Carpe Diem...
      (soyez le bienvenu en ces lieux)

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