Dire
qu'il a fallu que j'attende mes trente ans pour un soir oser.
Jouir,
je ne savais pas.
L'autre
était arrivé par « envoi discret garanti ». Puisqu'il
faut s'éduquer à l'orgasme, je vais apprendre, seule, juste moi
avec moi. Sans son regard et sans sa peau. Sans ses mains et sans sa
bouche. Sans ses attentes et sans sa déception.
Repenser
à ses caresses. Je me blottis sous les draps et je pars dans mes
souvenirs. Je vais retrouver les images de notre dernière escapade
amoureuse. Et je ne peux pas m'empêcher de m'étirer comme pour
laisser le champ de ma peau libre à ses mains, absentes, qui
vagabondent. C'est le manque de lui qui me fait oser. Glisser mes
mains là où seraient allées les siennes. Accepter la douceur de ma
peau qui me plait. Les laisser s'échapper vers cette tension qui me
happe.
Je
glisse ma main hésitante sous l'élastique et je m'aventure. Mes
doigts glissent, roulent, taquinent et électrisent. Le tissus me
gêne ? Je m'en débarrasse et je continue. Le désir n'a jamais
été un problème. Le plaisir non plus d'ailleurs. Mais la
frustration toujours présente, le malaise et la honte aussi. J'ai
tellement entendu de reproches.
Je
sais bien où je suis sensible mais j'ai l'impression que quand nous
somme ensemble, il ne veut pas toujours l'entendre. Cette fois-ci,
c'est que pour moi. Mon autre main glisse sur mon sein mais ne s'y
arrête pas. Lui s'en fiche un peu. Mais juste un peu plus bas mon
corps ne s'en fiche plus et j'ai la peau qui pétille et qui chauffe.
Oh oui, elle chauffe et moi je m'impatiente. Je tourne la tête et je
regarde l'autre. Posé à côté de l'oreiller, il attend sagement.
Il n'est pas si beau. Obscène à regarder. Froid au toucher.
Allez,
prends le ! Maintenant qu'il est là... Il est gros et parait
lourd dans ma main. Je resserre les jambes autours de lui et je
l'enduis de moi pendant qu'il se réchauffe. Doucement, de haut en
bas. Le faire tourner sur lui même pour bien l'humecter. Ne pas
oublier le bunny et ses oreilles. Une hésitation puis je me décide.
Il
est à peine plus gros que Lui. Et je l'enfonce progressivement en
moi, tranquillement mais fermement. J'aime cette sensation de la
première pénétration quand le corps s'écarte doucement et
s'ajuste au membre inquisiteur ou impatient. Être emplie, remplie...
Et là aussi, j'aime cette première fois là.
Aller
et venir puis tâtonner pour trouver le bouton. Les vibrations
commencent et les oreilles s'agitent. Je reconnais la tension et
l'impatience. Je reconnais l'envie de...de quoi d'ailleurs ?
D'habitude, c'est là que je suis débarquée. Sauf que cette
fois-ci, j'en veux plus et je me sens m'échapper, devenir impudique
à moi même. J'ondule, je me tords, j'ai le cœur en cavalcade et je
cherche ma respiration.
Ça
a été presque doux et je l'ai senti m'irradier. J'ai senti les
picotements puis la chaleur et cette pulsation. C'est parti rayonner,
par décharges : mon sexe, mon ventre, mes jambes. C'est remonté
jusque dans ma poitrine et je n'ai pas pu m'empêcher de crier. Et
c'est revenu. Et je n'en pouvais plus de me tordre.
Cette...délivrance ! Cette...exultation !
Ce...soulagement ! Et la lourdeur qui s'installe ensuite, cet
apaisement absolu. C'était donc ça jouir. Je crois que j'ai ri.
C'était
il y a une éternité. Et c'était meilleur que ma première fois. Et
cela m'a ouvert la porte à tant par la suite...
Peu importe l'age !
RépondreSupprimerS’aventurer sur les chemins du plaisir solitaire peut être source de bonheur, d'apaisement, de liberté ...Ça peut être un plongeon dans un souvenir précis, une envie de retrouver certaines sensations ou tout simplement un moyen de le retrouver "LUI" ...C'est dans tous les cas un moment de bien être que l'on s'accorde et où notre indécence nous porte là où Son regard pourrait se poser ...
Un moment à soi, rien qu'à soi mais pourtant ...Si partagé !
Beau texte !
Merci pour ce commentaire et bienvenue! Oui, ça peut être tout ça...
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